Jason Fried a la trentaine et a co-fondé l’entreprise 37signals il y a une dizaine d’années. Son crédo : réussir autrement. Dans le livre « Rework », il s’attaque à bon nombre d’idées issues du monde de l’entreprise traditionnelle, les « démonte » et démontre que l’efficience et la croissance économique augmentent rapidement si les dirigeants mettent en place de bonnes pratiques. Pour preuve, il s’appuie sur l’expérience de son entreprise qui, avec une dizaine de salariés seulement, a été reconnue comme une des plus innovantes aux Etats-Unis. Passons donc en revue les 10 idées les plus rafraichissantes de ce livre, destiné plutôt aux créateurs d’entreprise.

1. Inutile d’avoir un MBA pour être entrepreneur

« Au lieu de parler d’entrepreneurs, parlons de démarreurs ». Le ton est donné. Pour Jason Fried et son co-auteur, « inutile d’avoir un MBA ou quelque diplôme que ce soit, des vêtements chics, un porte-documents en cuir ou une tolérance au risque supérieur à la moyenne. Il suffit d’une idée, d’un peu de confiance et d’une petite poussée pour démarrer ».

2. N’ayez pas peur de monter une petite entreprise

« Nos détracteurs ne comprennent pas qu’une entreprise puisse rejeter croissance, réunions, budgets, conseils d’administration, publicité, représentants de commerce et prospérer quand même ». Rester agile, c’est permettre à l’entreprise de changer rapidement son modèle, ses produits, son marketing.

3. Evitez le financement externe

« Fondez-vous votre entreprise pour recevoir des ordres d’autrui ? Acceptez un financement externe, et c’est ce qui finira par vous arriver ». Créer une start-up web financée par des business angels (même si c’est très « hype » dans le monde des IT) est donc la plus mauvaise idée qui soit. Surtout dans les services. Surtout chez les entrepreneurs web. Bref, le financement externe doit être utilisé en derniers recours.

4. Construisez une entreprise pour le long terme

« Si vous démarrez une entreprise dans l’intention de la vendre, vous ne vous concentrez pas sur les bonnes choses ». Statistiquement, les chances qu’un acquéreur fasse une offre alléchante sont infimes. Il vaut donc mieux se concentrer sur le développement d’un projet passionnant plutôt que sur une potentielle plus-value.

5. Une entreprise non profitable est un passe-temps

« Les vraies entreprises se préoccupent du profit dès leur premier jour d’existence ». A bas le mythe de la start-up, si voulez réussir dans le monde des affaires, il n’y a pas de secret, il vous faut une étude marché et un business plan bien ficelés.

6. Les plages de solitude sont les plus productives

« Interruption n’égale pas collaboration : interruption égale interruption. Et lorsque vous êtes interrompu, votre travail n’avance pas ». Tout comme Timothy Ferriss dans La semaine de 4 heures ou leo Babauta dans L’art d’aller à l’essentiel, les auteurs de Rework prônent le renoncement : exit les textos, emails, appels téléphoniques et réunions, on s’isole et on travaille.

7. Ne vous préoccupez pas de vos concurrents

« Concentrez-vous plutôt sur votre entreprise. Ce qui se passe chez vous est de loin plus important que ce qui se passe ailleurs ». Et si jamais il vous prenait l’idée de regarder ce que vos concurrents font, ne copiez pas, n’essayez pas d’imiter un produit ou un service, faites-en plutôt moins, en vendant la simplicité de ce que vous offrez.

8. Laissez vos clients être infidèles

« Vous ne pouvez pas être tout pour tout le monde ». Si les besoins de vos clients évoluent, que votre produit ou service ne les satisfasse plus, laissez les aller à la concurrence, et fidélisez les clients les plus satisfaits de votre travail.

9. Embauchez votre personnel très lentement

« Tant que vous n’avez besoin de personne, vous n’avez besoin de personne ». L’objectif de l’entrepreneur est d’avoir une équipe à taille humaine, dont les effectifs sont là pour produire et non gérer (car ce n’est pas parce que vous dirigerez plus de personne que vous serez plus important).

10. Bâtissez-vous une audience

« Toutes les entreprises ont des clients, et certaines chanceuses ont des adeptes, mais seules quelques privilégiées ont une audience ». Comment faire ? Diffuser de l’information pertinente, enseigner, partager. Bâtir sa stratégie marketing sur la seule publicité est aujourd’hui trop risquée, il faut communiquer dans les réseaux réels et virtuels.

Conclusion

Rework détonne, désarçonne et fredonne à son lecteur une douce musique de création d’entreprise façon « génération Y ». Les auteurs n’y vont pas par quatre chemins, assurés du succès grandissant de leur entreprise depuis 10 ans. Pour eux, l’entrepreneur Y travaille moins, mieux, en petite équipe et en réseau. Un modèle applicable aux entrepreneurs web, mais pas forcément aux grandes organisations. Si les auteurs de Rework s’inspirent d’idées d’autres livres du Personal MBA, leur ton et leur audace devraient pousser bon nombre d’organisations à devenir (réellement) plus « agiles ». Rework est en tout cas mon livre de chevet lorsque je sens le syndrome « usine à gaz » m’envahir.

Référence du livre :

Pour aller plus loin :


Par Sébastien Fouqueteau, le lundi 19 septembre 2011

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