Depuis que je suis devenu « entrepreneur web », j’ai pu observer (avec humour) de nombreux changements dans mon quotidien et dans le comportement des gens qui m’entourent. Je vous propose donc la liste des 10 plus grands moments de vie (pas forcément de m…) de l’entrepreneur web, et attends avec impatience vos réactions.

1. Le repas quotidien du midi :

  • Salarié web > Attend midi avec impatience. Relance ses collègues par téléphone / tchat / SMS / Email / Facebook, piétine et gambade vers la cantine, peste sur le choix du plat du jour et la qualité du café, et revient ensuite à son bureau travailler.
  • Entrepreneur web > Attend midi et se prépare un « bon » repas (tient depuis peu une « liste des courses » pour ne rien oublier), mange devant son écran pour gagner du temps (pas bien !), puis stocke la vaisselle dans l’évier en espérant qu’une bonne âme passera la faire dans l’après-midi (pas de bol, elle ne passe jamais…).

2. Les pauses-café :

  • Salarié web > Interroge dès 9h ses collègues par téléphone / tchat / SMS / Email / Facebook sur « Qui est dispo pour une pause-café ? », puis ira à 10h faire du bureau à bureau si pas de réponses. En profite pour raconter les derniers ragots sur la stagiaire du deuxième étage. Reprendra un café pour être en forme avant sa réunion de 10h30 (et aussi pour en savoir plus sur l’histoire de la stagiaire). Finalement arrivera à 10h45 à sa réunion : « J’ai rencontré Jean du 3ème pour un problème de compta, désolé du retard… »
  • Entrepreneur web > A décidé de supprimer les pauses-café par manque de participants : « Le café, ça m’a toujours empêché de dormir… ».

3. Les problèmes informatiques :

  • Salarié web > Apelle le service informatique, attend quelques heures le technicien qui réparera l’ordinateur en le redémarrant en quelques secondes, peste  sur la qualité du service informatique en prenant à témoin ses collègues, puis finalement rappelle le service informatique une heure plus tard.
  • Entrepreneur web > Appelle un ami (façon Foucaud) ou plusieurs amis (s’il a un bon réseau), puis le SAV de son ordinateur (quand ses amis ne le rappellent pas), puis finalement apprend à se débrouiller tout seul.

4. Les appels téléphoniques :

  • Salarié web > Peste lorsqu’il reçoit un appel masqué (« Encore un prestataire ! »). Adore feindre de passer un appel personnel en journée sans se faire démasquer.
  • Entrepreneur web > Ne reçoit plus d’appels professionnels (les premiers temps). Puis est inondé d’appels depuis son changement de titre en « Directeur de l’entreprise individuelle Web+ » sur Viadéo. A enfin remodifié son titre de profil Viadéo en « CEO » et redirigé son portable vers la messagerie…

5. La réunion avec le boss :

  • Salarié web > Se demande ce qu’il a encore fait et prépare déjà des réponses aux questions qu’on risque de lui poser, aimerait glisser un mot sur la qualité de son travail, mais finalement se dit que la prochaine fois sera la bonne…
  • Entrepreneur web > Est surpris les premiers temps lorsqu’on lui dit « Mais… c’est toi qui décides… ». Jubile ensuite de cet état de fait, jusqu’à sa première réunion avec son banquier.

6. La réunion avec le banquier :

  • Salarié web > Arrive en retard à la banque le samedi matin, oublie lors de l’entretien son dernier « négatif » (datant de la semaine précédente) et demande à déposer ses maigres économies sur un placement « rentable » et « sûr ». Fait une totale confiance à son conseiller bancaire qui lui propose le dernier produit maison.  De toutes manières, il n’a pas de temps à consacrer à ça, c’est déjà le week-end !
  • Entrepreneur web > Arrive en avance à la banque avec une pile de documents imprimés à partir de feuilles Excel, est accueilli chaleureusement et félicité sur son nouveau projet. Justifiant ses économies longuement épargnées sur les conseils de la banque lorsqu’il était salarié, il demande un prêt pour créer et développer sa petite entreprise. On lui explique que sans salaires, ça ne va pas être évident (« Vous savez avec la crise !… »). Se met alors à lire des livres sur l’investissement, ne fait plus confiance à sa banque et finira par se débrouiller tout seul…

7. Les transports :

  • Salarié web > Peste contre les bouchons du périph’ et l’attente dans les transports en commun (qui sont toujours trop chers). A acheté un casque pour son iPhone en début d’année afin de perfectionner son anglais et maximiser sa gestion du temps de travail. A atteint depuis le 10ème niveau du Tétris et du Solitaire.
  • Entrepreneur web > A remis son Pass Navigo et prend des tickets à l’unité. A aussi acheté un vélo et une carte Vélib’. Est heureux de se balader à l’air libre dans les rues de Paris à l’heure où tout le monde travaille, sauf peut-être entre le 1er septembre et le 30 juin (car « il pleut tout le temps dans cette maudite ville ! »).

8. Les courses :

  • Salarié web > Fait ses courses sur Internet afin de maximiser sa gestion du temps de travail. Puis finalement ira acheter entre « midi et deux » le médicament qui manque à son fiston. Puis finalement passera le soir chez le boulanger, le boucher (qui est juste à côté) et le Monop’ pour tenir jusqu’à demain lorsque ses courses sur Internet lui seront livrées.
  • Entrepreneur web > A établi une liste des courses (cf. le repas quotidien du midi). Profite d’aller faire ses courses le matin ou en début de journée pour maximiser sa gestion du temps de travail. Puis a oublié qu’on était samedi, et peste contre les personnes âgées dans les files d’attente…

9. Le diner chez les amis :

  • Salarié web > Arrive en retard avec une bonne bouteille de vin. A toujours une anecdote à raconter sur le trajet depuis le bureau. Souffle parce que la journée a été rude : « Ils ne me laissent pas chômer… ». Autour de lui, on lui dit de s’asseoir pour se remettre de ses émotions, on sait ce que c’est que d’avoir du boulot !
  • Entrepreneur web > Arrive à l’heure (mauvaise habitude prise depuis ses rendez-vous avec les banques). Le maître du lieu lui demande s’il ne fait pas froid dehors et le remercie du choix de sa bouteille. Lorsque les autres invités arrivent, on lui répète comme la fois dernière que c’est très courageux à lui de se lancer dans une telle aventure, puis on se met (comme la dernière fois) à parler de leur boulot de salariés…

10. Les vacances :

  • Salarié web > Informe tout le monde par téléphone / tchat / SMS / Email / Facebook que les vacances au soleil, c’est dans J-30 ! A une mine « auto-bronzante » la veille du départ… Revient avec des tonnes de photos qu’il partagera par téléphone / tchat / SMS / Email / Facebook à tous ses collègues (cf. les pauses cafés et le repas quotidien du midi).
  • Entrepreneur web > N’informe plus personne lorsqu’il part en déplacement ou en vacances depuis qu’il a entendu lors d’un diner chez des amis que c’est « cool d’être libre de ses journées » (suivi très vite du : « Mais tu travailles quand au fait ? »). Depuis, il se tait, mais garde toujours son plus grand sourire…

Pour aller plus loin :


Par Sébastien Fouqueteau, le vendredi 4 février 2011

Commentaires

Quel programme ! Et tout à fait d’accord avec toi… Lorsque l’on quitte un statut dit « normal » notre entourage ne comprend pas toujours où nous perçoit comme un extra-terrestre… ainsi que les administrations. Mais vous n’êtes pas salariée fixe ? Vous êtes intermittente ? Comédienne ? Euh, non Madame, juste animatrice radio… Ah ? Vos revenus sont fixes ? Ah désolé Madame, nous ne pouvons rien faire pour vous…. ;-)
Mais nous aimons et assumons nos choix, qu’ils soient difficiles et parfois parsemés d’embûches mais que du plaisir à assouvir notre passion !
Et vivre en décalé par rapport aux personnes dites « normales » à parfois du bon : marcher dans les rues alors que tout le monde est au travail, se lever pour une fois à l’heure que nous avons choisie et travailler à notre guise avec nos objectifs à atteindre.
En tout cas bravo pour ton choix, tes choix et ta force est dans ta volonté et ta persévérance.
Avance, avance…
Bravo !
Bises
;-)
Sophie dite « Naphie » pour ceux qui me connaissent bien et qui comprendront ce diminutif

Et puis, de nos jours, subir c’est subir la précarité et en être malade ou la choisir et en être fier… Alors, autant prendre la décision qui donne bonne mine… ;)

Rigolo, même si l’exercice rejoint presque par obligation la caricature ;-) Vrai pour la plupart des items (en tout cas, c’est mon sentiment). Par bonneur, tu as écris le plus riche et le plus significatif des mots : LIBERTE. Il vaut bien tous les autres maux… de la vie du néophyte entrepreneur. Longue vie , risques mesurés et énergie à revendre à tous ces barjots sensés :-)

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